La colère gronde

Pourquoi manifestons-nous ce mois-ci ?

Mais pourquoi les agriculteurs wallons manifestent-ils ce mois-ci ?

L’Europe se transforme en un rouleau compresseur législatif et dénature le métier d’agriculteur

Inflation, coûts de production, surpromotions,… Seul le salaire des agriculteurs n’augmente pas !

Renouvellement des générations :
qui produira notre alimentation demain s’il n’y a plus d’agriculteur en Europe ? 

Surcharge administrative : quand l’europe veut la peau des agriculteurs

PAC, PGDA, clôtures de berges, bandes tampon, cahiers des charges, permis… L’Europe ne fait qu’ajouter des obligations et des législations aux agriculteurs… Et celles-ci sont parfois incohérentes entre elles. Les agriculteurs ne s’y retrouvent plus et finissent par passer plus de temps à remplir des documents qu’à faire leur métier !

Trop de législations à respecter qui ont chacune des normes différentes et des contrôleurs différents : PAC, environnement (permis, cours d’eau et gestion de l’azote), cahiers des charges végétaux et animaux… Il devient impossible de s’y retrouver.

Cela crée d’importants changements pour le métier. Les agriculteurs sont censés travailler la terre et élever leurs animaux… On estime aujourd’hui que le travail administratif représente entre 1 à 2 jours par semaine à temps plein sur une exploitation.

L’agriculture de dates de la PAC ne respecte ni les sols, ni les agriculteurs, ni les récoltes !

Trop de législations tuent l’agriculture ! A force de devoir suivre les obligations européennes et pas la météo, l’agriculteur se retrouve obligé de pratiquer une agriculture dite « de dates », c’est-à-dire des échéances à respecter pour réaliser nombre de travaux aux champs. Ces dates ne tiennent pas compte des conditions météorologiques et agronomiques avec lesquelles les agriculteurs doivent composer…

Vu les sanctions, l’agriculteur se retrouve obligé de travailler dans de mauvaises conditions pour respecter les dates imposées. On ne respecte ni les sols, ni les agriculteurs, ni les récoltes en faisant ainsi. Le bon sens agricole se retrouve dépassé par des normes administratives. Ce calendrier compromet les récoltes, avec les pertes financières que cela amène et pousse les agriculteurs à enchainer les heures de travail pour être sûrs d’être dans les temps ! Aucun pilier de la durabilité n’est ainsi rencontré. C’est un calendrier rigide qui ne correspond ni à l’agronomie, ni à l’économie, ni au social et certainement pas à l’environnement.

« Sous couvert de durabilité, L’Europe ne respecte ni le pilier environnemental, ni le pilier économique, ni le pilier social de l’agriculture durable »

N’importons pas un type d’agriculture que nous ne voulons pas en Europe !

L’Europe impose toujours plus de normes à l’agriculture, interdit toujours plus de choses aux agriculteurs et réduit toujours plus les libertés de celles et ceux qui travaillent la terre au nom de la durabilité et de l’environnement. Pourtant, dans le même temps, l’Union négocie des accords d’échanges bilatéraux avec des pays qui ne respectent pas ces normes imposées. La protection des consommateurs ou de l’environnement semble disparaître des bonnes intentions quand les accords internationaux pointent le bout de leur nez…

C’est le serpent qui se mord la queue ! Va-t-on devoir importer l’alimentation qu’on pouvait produire chez nous ? Ou va-t-on vraiment importer le type d’agriculture que l’on ne veut plus chez nous ?!

Nous demandons que ces accords incluent des clauses miroirs, c’est-à-dire l’obligation pour les produits importés de respecter scrupuleusement les mêmes règles sanitaires, alimentaires ou environnementales que celles respectées par les agriculteurs européens.

Stop au braquage alimentaire :
les agriculteurs aussi méritent un revenu décent !

Si on vous demandait de travailler deux fois plus pour moitié moins, accepteriez-vous ?
A priori non. Et pourtant les agriculteurs ne comptent pas leurs heures pour nourrir leurs concitoyens malgré un revenu moyen représentant moins de la moitié du revenu moyen des travailleurs belges.

Si on vous demandait de travailler sans vraiment savoir combien cela pourrait vous rapporter, accepteriez-vous ? A priori non. Et pourtant les agriculteurs, pourtant le premier maillon de la chaîne alimentaire, n’ont que rarement leur mot à dire sur le prix de vente de leurs produits.

Il est temps de mettre fin à ce braquage alimentaire et de remettre sa juste valeur au travail agricole. Il est temps que les grandes surfaces arrêtent leurs promotions indécentes sur les productions alimentaires alors que les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Il est temps de comprendre que le secteur agricole subit aussi l’inflation, que le prix des matières premières, des intrants, de l’alimentation animale, etc. augmente sans cesse alors que le revenu agricole stagne depuis trop longtemps. Il est temps de respecter la valeur de nos agriculteurs !

« La colère qui sort maintenant est l’accumulation de ces années de revendications non écoutées »

Le futur sera agricole ou ne sera pas…

Le renouvellement des générations est une des principales préoccupations du secteur agricole. L’âge moyen des agriculteurs wallons est de 55 ans… Et beaucoup restent sans repreneur.

Agri-bashing, dévalorisation de l’agriculture, revenus en berne et temps de travail énorme,… L’agriculture a toujours été un métier de passionnés, un métier d’hommes et de femmes capables de ne vivre que pour l’agriculture. Mais la passion suffit elle alors qu’un agriculteur travaille souvent plus de 60 heures par semaine pour un salaire bien plus faible que la plupart des gens, et sous le jugement de trop nombreuses personnes ?!

L’agriculture est un beau et noble métier et il est temps de remettre du respect sur ce mot, de respecter ceux qui travaillent la terre, de respecter ceux qui vous nourrissent. Il est temps de valoriser ceux qui permettent une alimentation locale. Il est temps de (re)donner envie aux jeunes générations de travailler la terre, d’élever du bétail et de semer les graines qui nourriront vos voisins demain !

Cette revalorisation ne peut passer que par des choix et des actions politiques forts. Meilleurs financements du milieu, accès à la terre, soutiens à la nouvelle génération, valorisation du métier, les pistes sont nombreuses… Ne manquerait-il que des oreilles politiques pour les écouter ?

Une PAC à côté de la plaque…

La PAC devait résoudre tous les problèmes… Elle ne fait qu’en rajouter !

Nous demandons la suppression de l’obligation des 4% non productifs. Imaginez-vous privé d’une partie de votre jardin chaque année alors même que vous l’entretenez consciencieusement… Imaginez-vous privé d’une partie de votre bureau chaque année, alors qu’il vous permet de payer vos factures… Imaginez-vous privé d’une partie de votre maison, alors même qu’elle vous permet de vivre… Ne serait-ce pas aberrant, voire indécent ? Alors pourquoi les agriculteurs devraient-ils l’accepter ?

Nous demandons la fin de l’agriculture de date, en inadéquation avec la réalité de terrain, avec l’agriculture et avec la réalité agronomique. Nous demandons une indexation du budget de la PAC, qui subit coupe sur coupe alors que le coût de la vie augmente sans cesse.

« On se bat pour vous nourrir ! »

Cher Namurois, cher Liégeois, cher Luxembourgeois, cher Hennuyer, cher Brabançon, cher Bruxellois… Comprends notre message et soutiens tes agriculteurs !

Le monde agricole est à bout.

Alors, oui,…

Nous allons sortir. Nous allons filtrer. Nous allons ralentir la Wallonie cette semaine.

Mais nous voulons le faire avec ton soutien.

Nous avons réparti nos actions sur plusieurs jours pour te permettre de respirer.

Nous refusons les actions violentes.

Nous refusons la récupération politique.

Nous voulons juste pouvoir vivre de notre métier.

Alors, cher Wallon, entends notre message et soutiens-nous !

Il en va du futur de nos enfants… Mais aussi des tiens, de ton alimentation, de ta région !

Photos F. Mélon

Nos revendications expliquées aux enfants 

Un outil pédagogique à destination des agriculteurs, des écoles et des médias

© JF/Pleinchamp